Balancier du cœur

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Il y a les jours avec, les jours sans…
Les maux se posent, encombrent, étouffent.
Incertitude de la vie, de ce que l’on est.
Je compte, tu comptes, il ou elle compte… Pour qui, pour quoi ?
Monde qui tangue dans des pas qui cherchent.
Survivre à l’égoïsme et trouver sa place dans un but d’existence.
Dire, ne pas dire, ou juste deviner dans les regards ?
Pourtant il faut avancer, sourire, taire ses peurs, ses craintes.
Se raccrocher à un point d’ancrage comme une musique apaisante, en se berçant de mots pour libérer les oppressions.
Je te donne ma main et un jour peut-être me donneras-tu la tienne…

Le blues de la rentrée…

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Gris septembre…
L’humeur ambiante se glisse dans la grisaille,
comme si les sourires étaient restés accrochés aux porte-manteaux des vestibules.
Les automobilistes sont teigneux et ébrouent leur hargne à grand renfort de coups de klaxons intempestifs et de queues de poissons en veux-tu en voilà.
Quant aux clignotants, ils semblent avoir trouvé refuge au fond d’une pochette surprise !
Dans les rayons des magasins s’impose le droit de passage pour les caddies surchargés ;
Et pas la peine de s’excuser : « On est pressés, nous, qu’est-ce que vous croyez ! »
Ah oui, j’oubliais, la politesse c’est comme les clignotants : une option !
Dans le RER les portables crient les rendez-vous à la cantonade ;
Les vies ont besoin d’exister haut et fort,
Et tant pis pour le voyageur qui tente de s’échapper dans sa bulle…
À la rentrée, tout le monde court après quelque chose,
oubliant simplement l’essentiel : le respect de l’Autre…

Aurions-nous perdu les clés de l’humanité ?

Corse 11mlb

Dans les océans
Là où les vies s’enfoncent dans les abîmes

Dans les bombes humaines
Qui frappent n’importe où

Dans les pays en guerre
Qui se battent pour une religion sans partage

Dans les regards d’enfants affamés
Dans la misère quotidienne
Dans les mots qui s’habituent
Dans les yeux qui se ferment pour ne pas voir
Dans les gestes las…

Je rêve d’une clé gigantesque
Qui ouvrirait toutes les portes
Dont la plus précieuse,
Celle du cœur…

Pirate des mers

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En soulevant la mer, j’ai cherché les pas de ton enfance.
Le sable humide conserve les vestiges de donjons, remparts de tes ennemis imaginaires,
Tandis que des fragments de coquillages ont déposé leurs empreintes.
L’immensité t’appartenait.
Ton rire emportait le vent et se mêlait aux flots.
Les voiles arc-en-ciel fendaient l’air devant tes yeux ravis.
Un jour, tu deviendrais un grand navigateur.
Tu pointais ta main vers l’horizon, là où les rayons du soleil se dessinaient en arabesque.
Armé de ton râteau en plastique, tu te livrais à un vrai combat.
Toi, le pirate de tous les océans !
Mais les vagues finissaient toujours par engloutir tes rêves.
Tes larmes au goût salé t’abandonnaient dans un sommeil réparateur.
En soulevant la mer, j’ai cherché tes rêves ensevelis.
Et je t’ai cherché… toi.
À leur tour, d’autres enfants viendront conquérir les éléments,
Peut-être trouveront-ils ce que tu y as laissé ?

Rêve d’un souffle

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Le vent emporte ses pensées.
Elle les regarde prendre de la distance,
Qu’elles volent et la laissent libre de respirer.
Ses pieds se dressent sur leurs pointes tandis que ses bras s’écartent avec grâce, comme une danseuse sortie tout droit d’une boîte à musique.
Le vent souffle un peu plus fort, découvrant ses jolies jambes arabesques.
Si le soleil pouvait lui tendre un rayon, elle le prendrait comme cavalier ; mais il se cache derrière les nuages. Quant à la lune, elle n’est pas assez éveillée pour lui offrir un croissant de lumière.
Alors elle poursuit son ballet sans se soucier des passants.
Le temps dessine pour elle des histoires qu’elle grave dans sa mémoire.
Passé, présent et futur se confondent.
Elle ne vit plus que pour l’instant, et son cœur s’allège de toutes les peines.
Le vent tournoie autour d’elle.
Il enroule dans ses cheveux des étoiles d’or et d’argent.
Et l’entraîne au firmament de ses rêves.
Sous la caresse de la brise, elle ouvre les yeux.
Devant elle, la Seine suit son cours.
Durant quelques minutes elle s’est perdue dans des songes éoliens.
De l’autre côté du pont le vent s’incline et tire sa révérence.

 

Sans but…

Lumière du soir

Et si aujourd’hui on s’en allait faire un petit tour, quelque part, sans but précis, juste pour le plaisir de marcher, de sentir, d’oublier, de ne penser à rien…
Je regarde la lumière. Elle est douce et inonde la nature, seulement freinée par des arbres feuillus qui accaparent l’ombre où l’on aime à se glisser lorsque l’été s’enflamme.
Mes pas m’entraînent au hasard et mes pensées s’inquiètent soudain de ce vide que tu laisses. La vie s’écoule dans ce temps rapide ou lent en fonction des jours, en fonction de notre attente. Je progresse pourtant, libre de ce temps que je prends.
À quel moment sait-on que l’on n’aura plus jamais mal ? Quel degré de sagesse faut-il atteindre pour cela ?
Promenade anodine qui mène pourtant vers des lieux incertains où je me perds, peut-être pour mieux appréhender les choses.
Le ciel m’apparaît soudain dans toute sa générosité, bleu, étincelant de soleil, et je me souviens, c’est pour cela qu’aujourd’hui j’ai décidé cette balade impromptue, pour ce qu’il offrait à cette journée, une invitation à prendre le large dans une mer sans eau.
Je fais demi-tour, remets mes pas dans l’envers du commencement. Vu de ce côté le décor n’est plus tout à fait le même.
J’abandonne le ciel occupé à décliner le jour en courants descendants, tandis que je remonte vers la réalité…

Le matin

Bord de fenêtre en noir et blanc

J’aime ce temps langoureux qui s’étire sans que je ne fasse rien d’autre que penser et regarder, m’emplir de la vie qui caresse ma fenêtre… Un coin d’arbre, de ciel, de mur, de voitures garées. Si le vent doucereux ne venait pas jouer les entremetteurs je pourrais penser que derrière les voilages légers se dessine une carte postale grandeur nature.
La vie frémit pourtant. Elle s’éveille comme chaque jour aux matins rengaines… Rengaine ? Vraiment ? Pas tant que cela… Le ciel n’est jamais le même, il aime se montrer sous des tons différents, un tantinet coquet ce ciel ! Le vent se décline dans des sens contraires et attire l’attention sur une feuille que l’on n’avait pas remarquée. Certaines s’entrechoquent et font connaissance. Le voisin est parti ; la voiture n’est plus là mais son emplacement l’attend, tranquille…
J’aime les matins qui démarrent la journée, qui rassurent l’existence de faits similaires mais de détails différents.
La fenêtre du bureau m’attend tous les matins, semblable. C’est mon regard qui transforme les lieux en fonction de mon humeur du jour…