Sur la route, je me suis arrêtée.
La pluie avait comme lavé le paysage,
Éclairant le soir des derniers feux du soleil…

Sur la route, je me suis arrêtée.
La pluie avait comme lavé le paysage,
Éclairant le soir des derniers feux du soleil…


Il y a les jours avec, les jours sans…
Les maux se posent, encombrent, étouffent.
Incertitude de la vie, de ce que l’on est.
Je compte, tu comptes, il ou elle compte… Pour qui, pour quoi ?
Monde qui tangue dans des pas qui cherchent.
Survivre à l’égoïsme et trouver sa place dans un but d’existence.
Dire, ne pas dire, ou juste deviner dans les regards ?
Pourtant il faut avancer, sourire, taire ses peurs, ses craintes.
Se raccrocher à un point d’ancrage comme une musique apaisante, en se berçant de mots pour libérer les oppressions.
Je te donne ma main et un jour peut-être me donneras-tu la tienne…
Il suffit du frôlement du vent
Comme des doigts qui caressent
Et le mouvement, léger,
D’une mer calme
Pour percevoir, un instant, le monde au-delà de sa folie…

Le soleil s’enroule sur l’horizon.
Un autre horizon l’attend
Où, tel l’oiseau qui déploie ses ailes
Il déroulera ses rayons pour caresser un nouveau jour…


Gris septembre…
L’humeur ambiante se glisse dans la grisaille,
comme si les sourires étaient restés accrochés aux porte-manteaux des vestibules.
Les automobilistes sont teigneux et ébrouent leur hargne à grand renfort de coups de klaxons intempestifs et de queues de poissons en veux-tu en voilà.
Quant aux clignotants, ils semblent avoir trouvé refuge au fond d’une pochette surprise !
Dans les rayons des magasins s’impose le droit de passage pour les caddies surchargés ;
Et pas la peine de s’excuser : « On est pressés, nous, qu’est-ce que vous croyez ! »
Ah oui, j’oubliais, la politesse c’est comme les clignotants : une option !
Dans le RER les portables crient les rendez-vous à la cantonade ;
Les vies ont besoin d’exister haut et fort,
Et tant pis pour le voyageur qui tente de s’échapper dans sa bulle…
À la rentrée, tout le monde court après quelque chose,
oubliant simplement l’essentiel : le respect de l’Autre…
Et si on oubliait d’éteindre le ciel ce soir…

Un jour tu m’as raconté ce vide, infini, en toi…
Tu as comparé ton cœur aux feuilles qui chutent,
Et j’ai compris que plus aucun printemps ne réussirait à lui redonner de la couleur…

Il y a si longtemps que tu n’es pas venu.
Le temps s’abîme dans l’attente…


Dans les océans
Là où les vies s’enfoncent dans les abîmes
Dans les bombes humaines
Qui frappent n’importe où
Dans les pays en guerre
Qui se battent pour une religion sans partage
Dans les regards d’enfants affamés
Dans la misère quotidienne
Dans les mots qui s’habituent
Dans les yeux qui se ferment pour ne pas voir
Dans les gestes las…
Je rêve d’une clé gigantesque
Qui ouvrirait toutes les portes
Dont la plus précieuse,
Celle du cœur…
Toutes les routes mènent quelque part,
Même au néant…
