Face à la lumière printanière,
Tu t’éveilles à la vie
Dans l’espérance d’un renouveau…

Face à la lumière printanière,
Tu t’éveilles à la vie
Dans l’espérance d’un renouveau…


Doucement je me panse de toi,
Je colmate les absences, le manque.
Je ne t’oublie pas,
au contraire je te rends unique.
J’apprends à te comprendre, à t’aimer différemment.
Je transforme mes émotions d’état brut à un état façonné.
Je te modèle au temps et te porte dans un coin de mon cœur,
là où l’on n’oublie jamais, là où l’on puise au son d’une chanson souvenir,
d’un lieu reconnu, d’un parfum attrapé…
Doucement je regarde derrière moi,
chemin mêlé d’embûches et de bonheurs.
Je ne t’oublie pas,
au contraire je te rends beau.
Je sème des fragments de notre histoire dans le ciel étoilé.
Je les regarde s’éparpiller et virevolter dans l’air ambiant.
Je te couve de baisers et te dessine en mots,
sur des feuilles colorées, sur des murs invisibles,
ils deviennent ma poésie et mon cinéma.
Doucement, je me souviens…
Déjà, tu t’échappes…
Tes gestes ont perdu leur tendresse
Et tes mots m’évitent
Ligne de fuite…


À l’orée de toi
dans ton absence,
mais me vois-tu ?
Je consigne des mots
dans un carnet,
ils n’intéressent que moi.
Je ne te vois plus
ne t’entends plus,
suis-je perdue de toi ?
Métronome du temps éperdu
que deviendrons-nous ?
Sûrement des sentinelles du souvenir.
Les cœurs se disloquent
jointures des sentiments
aimer jusqu’à se perdre.
Il pianote sur sa peau
Quelques notes qui s’arquent et se cabrent
Et entremêlent leurs corps enfin assoupis..

À trois on souffle…
Et c’est toute notre enfance qui s’égrène
Et qui n’en finit pas de semer sur nos routes
Des souvenirs façonnés par le temps…


Comme une collection de haute couture,
L’automne aime à se décliner :
Tantôt doux, tantôt ensoleillé,
Tantôt brumeux, tantôt pluvieux,
Tantôt froid, tantôt gelé,
Tantôt venteux,
L’automne, souvent, surprend.
Cette saison n’a pas la tâche facile.
Elle vole des minutes au jour,
Dépouille la nature,
Incite à la mélancolie.
Coincé entre l’été adulé et l’hiver aux frimas attendus,
L’automne ressemble à un grand pêle-mêle
Dans lequel chacun y dépose ses humeurs,
À l’image de l’environnement
Qui se colore au gré des caprices du temps.
L’automne, pourtant, poursuit sa route,
En véritable artiste.
Partout où il passe,
Il se répand dans un camaïeu mordoré,
Transforme les chemins en tapis feuillu,
Invite la lumière par-delà les branches d’arbres dénudées.
Et pour les plus gourmands, sème des odeurs de tartes aux pommes,
De châtaignes grillées et d’omelettes aux champignons.
L’automne a comme un goût d’enfance.
Il suffit de fermer les yeux pour retrouver ces senteurs de toujours…
Un matin, j’ai cueilli un morceau de bonheur.
Oh, il ne faisait pas de bruit,
Simplement, il était là,
Posé tout en délicatesse
Dans l’attente de son envol…


Être en perte de vitesse avec soi parfois.
Toucher ce fond jusqu’à l’insondable.
Puiser encore et toujours pour continuer,
Ressources inépuisables, mais fragiles aussi…
Être en équilibre sur une ligne incertaine
Entre lourdeur et légèreté, un souffle qui tangue.
Chercher la force dans des abîmes vertigineux,
Et libérer les entraves qui empêchent d’avancer.
Respirer enfin à plein poumon,
Ne plus avoir peur d’être.
Lâcher prise sur les liens qui retiennent,
Et vivre vers demain…
Et si on allait marcher sur les toits de Paris ?
Tu prendrais ma main et on avancerait comme deux adolescents,
Insouciants,
Avec la certitude que demain s’ouvrirait sous nos pieds…
