
Marcher à pas feutrés entre quatre murs
Écouter le printemps par la fenêtre ouverte
Et réinventer le temps
dans l’attente de demain…

Marcher à pas feutrés entre quatre murs
Écouter le printemps par la fenêtre ouverte
Et réinventer le temps
dans l’attente de demain…

Ce matin-là j’ai eu envie d’être jolie, ou plutôt de me sentir vivante. Alors, j’ai ourlé mes cils de rimmel plus qu’à l’accoutumée, j’ai apposé une touche de blush sur mes joues pour illuminer mon visage, j’ai appliqué du rouge à lèvres pour donner à mon sourire un éclat rassurant, j’ai accentué le fard sur mes paupières pour rendre mon regard plus profond… Je sentais que tu me quittais et je voulais donner à ces gestes quotidiens une ampleur différente. Bientôt nous allions nous retrouver pour un café où je savais croiser ton regard déjà si loin de moi… À chacun de nos derniers rendez-vous ton intérêt feint avait été la plus douloureuse des condamnations. Je te perdais, je le lisais dans tes yeux absents et dans tes silences gênés.
Ce matin-là j’avais décidé que ce serait notre dernier matin. Je savais que je prendrais la décision pour nous, car c’était ce que tu attendais de moi. Je devais être habile, te laisser croire que c’était moi qui mettais un terme à notre histoire. Je devais être forte pour nous deux, pour te permettre d’avancer vers ta nouvelle vie, vers celle qui t’attendait, qui t’espérait depuis déjà de longs jours. J’ai pris mon plus beau sourire… Je t’ai rendu ta liberté, et le bonheur affiché soudain sur tes traits et que tu avais caché au creux de ton cœur, a été le plus terrible des aveux. J’avais la conviction maintenant que tu en aimais une autre et te retenir ne servait plus à rien. On ne se bat pas contre l’impossible…
J’avais eu le courage de me voiler derrière un maquillage appuyé pour cacher ma peine… Il y a des souffrances personnelles et intimes qui ne se partagent pas…
Dans ce petit matin ordinaire, j’ai marché longtemps dans les rues. Il y avait un léger soleil, juste ce qu’il fallait pour ne pas sombrer trop profondément, et j’ai compris qu’il y aurait d’autres matins ordinaires…

Et si on dressait entre nous un mur invisible
où on pourrait se toucher sans s’atteindre !
En réinventant de nouveaux gestes pour s’aimer en liberté confinée…

Redessiner les contours du temps
Et dire « je t’aime » plus fortement…

Te savoir si proche
et ne plus te voir,
Mais entendre ton battement
Comme un cadeau
Confinement…

Lâcher les amarres
Pour partir vers un ailleurs
Et renouer avec l’essentiel…

Déséquilibre des jours heureux
lorsque tu n’es pas là…
Une impasse dans l’absence,
et le chagrin jeté à la mer comme un signal de détresse…
Peut-être faut-il savoir prendre le temps de savourer ce que la vie dépose chaque jour sur notre chemin, ou savoir simplement regarder autour de soi, pour se rendre compte qu’une journée peut être illuminée par un simple geste…


Tes silences, comme une invitation à l’oubli !
Le retour des beaux jours se fait attendre…

Dans le flou des jours
Parfois, je me noie,
Un voyage sans filet où je finis toujours par me rattraper…